Saint-Marcel-de-Félines (42), Tour dite de l'accueil - LARA - Libre accès aux rapports scientifiques et techniques Accéder directement au contenu
Rapport (Rapport De Recherche) Année : 2024

Saint-Marcel-de-Félines (42), Tour dite de l'accueil

Résumé

Cette opération a consisté en l'étude de la charpente et des planchers de l'actuelle tour d'accueil du château. L'étude des structures en bois de cette tour a permis de mettre en évidence la plus ancienne structure charpentée connue du site de Saint-Marcel-de-Félines. En effet, le plancher de la cave daté de 1327-1328d (pour l'abattage de ses bois) est plus ancien que la galerie en bois de la Maison Sivart (1401-1402d) ou de l'oratoire (1413-1414d). Malheureusement, sans étude archéologique approfondie, il est impossible de savoir s'il s'agit d'un réemploi ou d'une pièce en position initiale. Concernant la charpente de toit de la tour d'accueil, il est facile de voir que sa conception présente quelques erreurs. Effectivement, la présence d'un poteau de soutènement placé sous la croisée des deux entraits principaux ait dû à un fort fléchissement de la charpente en son centre. Ce fléchissement est très marqué puisque l'entrait principal s'est affaissé et a entrainé l'ensemble de la structure. Au total, 47 jambettes ont été rajoutées à de multiples endroits et sur les deux niveaux d'enrayures. Le fléchissement de la charpente s'explique par l'utilisation de bois de chêne de grande longueur et de très forte section. De plus, la très faible pente de toiture mise en œuvre (18°) implique une forte pression au niveau du poinçon qui perçoit toutes les charges au lieu de travailler en traction, en tirant l'entrait vers le haut. Normalement, le poinçon permet de répartir les charges sur les chevrons qui peuvent ainsi transférer la charge sur les maçonneries. Cependant, ce problème de statique a dû être envisagé dès la conception de la charpente puisqu'un entrait retroussé moisé a été mis en œuvre sur la ferme F1. Ce système permet à l'entrait retroussé de reprendre les efforts de traction assurés normalement par l'entrait. D'après C. Alix et J. Noblet, ce procédé est attesté dès le XIIe siècle et courant dans les maison orléanaises dès le XVe-XVIe siècle. En Franche-Comté, C. Perrault a lui aussi mis en évidence plusieurs charpentes dans lesquelles des entraits retroussés moisés sont utilisés. C. Alix et J. Noblet mettent en évidence que lorsque les deux pièces de bois composant l'entrait retroussé moisé sont positionnées à plat, elles ne travaillent pas de la bonne manière. Au contraire, elles "soumettent les éléments d'assemblages à un effort important et présentent un risque de fléchissement". Pour pallier ce fléchissement, au XVIIIe-XIXe siècle, les moises vont être tournées de 90° et donc posées de chant. Ainsi, les pièces ont une plus forte résistance. On remarque que pour la charpente de Saint-Marcel-de-Félines, réalisée à la fin du XVIe siècle, les pièces sont effectivement positionnées à plat et non de chant. Ainsi, avec la faible pente de toiture, le faux entrait retroussé moisé n'a pas réussi à tenir son rôle et l'ensemble de la charpente a fortement fléchi. La mise en place d'un poteau sous le poinçon et de nombreuses jambettes ont permis de maintenir la structure en place jusqu'à aujourd'hui.
Fichier non déposé

Dates et versions

hal-04520489 , version 1 (25-03-2024)

Licence

Copyright (Tous droits réservés)

Identifiants

  • HAL Id : hal-04520489 , version 1

Citer

Alice Borel, Emilien Bouticourt, Jessy Crochat. Saint-Marcel-de-Félines (42), Tour dite de l'accueil : Rapport d'expertise archéologique. Archeodunum. 2024. ⟨hal-04520489⟩
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