Manifestations cliniques et biologiques de l'infection à VIH/sida chez la femme

Résumé : En l’absence de traitement antirétroviral, la majorité des sujets infectés par le virusde l’immunodéficience humaine (VIH) évolue vers le syndrome d'immunodéficience acquise(sida), phase ultime de la maladie. Il existe deux classifications pour décrire la progressionde l’infection à VIH, basées sur les manifestations cliniques et les anomalies biologiques : laclassification des Centers for disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta et laclassification en 4 stades cliniques proposée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).Depuis l'introduction des thérapies antirétrovirales hautement actives (HAART) en 1996, lasurvie des patients infectés par le VIH peut atteindre plusieurs dizaines d'années, et levieillissement de cette population a conduit à l'émergence de comorbidités et d'autres causesde mortalité, notamment certains cancers « non associés au sida » (maladie de Hodgkin,cancer bronchique, cancer du canal anal), comme l'ont montré les enquêtes "Mortalité 2000"et "Mortalité 2005".Les signes cliniques de l’infection à VIH varient considérablement selon le stade auquel estfait le diagnostic de la maladie. La femme se distingue de l’homme par des pathologiesgynécologiques liées au VIH et à sa relation avec l’infection à papillomavirus humain.L'examen gynécologique doit de ce fait faire partie intégrante du bilan clinique initial et de lasurveillance de toute femme séropositive, avec un frottis à la recherche d'une dysplasie, voired'un cancer du col utérin.Les symptômes de la primo infection apparaissent entre une et huit semaines après le rapportcontaminant, sont peu spécifiques, et disparaissent en quelques semaines sans traitement.Toutes les personnes infectées, même celles qui n'ont pas de symptômes, fabriquent desanticorps contre le VIH, mais ceux-ci ne sont pas décelables immédiatement, c'est le stade dela séroconversion qui se produit habituellement un à trois mois après l'infection.L'infection passe ensuite par une phase asymptomatique, période pendant laquelle le viruspeut vivre dans l'organisme durant de nombreuses années sans provoquer de symptômes.Puis l'infection entre dans une troisième phase dite symptomatique lorsque divers symptômespersistants se manifestent : fièvre, sueurs nocturnes, perte de poids, gonflement desganglions, diarrhées, infections de la peau.Lorsque le virus devient de plus en plus présent et que les lymphocytes CD4 sont de moins enmoins nombreux, le système immunitaire n'arrive plus à lutter. C'est au cours de cettequatrième phase qu'apparaissent des affections dites opportunistes qui peuvent être de naturebactérienne, virale comme les cancers « associés au VIH », parasitaire ou fongique et que lediagnostic de syndrome d'immunodéficience acquise est posé. Une personne est atteinte dusida si elle a une infection au VIH confirmée en laboratoire (test sanguin), un nombre delymphocytes CD4 inférieur à 200 (c'est-à-dire 200 cellules par millimètre cube ou microlitrede sang), une ou plusieurs maladies opportunistes ou cancers reliés au sida.L’infection à VIH semble avoir des conséquences psychologiques plus importantes chez lafemme que chez l’homme, avec des symptômes pouvant être révélateurs de la détresseassociée aux facteurs de stress inhérents au fait de vivre avec le VIH/sida ou rattachés à unsyndrome psychiatrique associé à la maladie. Ce retentissement psychologique a pourconséquence une moins bonne observance thérapeutique entrainant un plus mauvaispronostic et une mortalité plus élevée.En ce qui concerne les spécificités féminines virologiques et immunologiques de l’infection àVIH, de nombreuses études sont discordantes quant à l’influence du sexe sur la charge viralemais il semble que la progression vers le stade sida soit indépendante du sexe. Le cyclehormonal aurait une influence sur la charge virale avec une diminution entre le début de laphase folliculaire et le milieu de la phase lutéale. Le taux de lymphocytes CD4 est significativement plus élevé dans les premières années de l’infection chez les femmes que chezles hommes mais la survenue du sida a lieu à peu près dans les mêmes délais. Ladécroissance annuelle du taux de lymphocytes CD4 semble plus importante chez la femme.
Mots-clés : Symptomatologie VIH aids sida
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[Rapport de recherche] INIST-V - 07-04, Institut de l'Information Scientifique et Technique (INIST-CNRS). 2007, 125 p., 371 références bibliographiques et web, illustrations
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Contributeur : Colette Orange <>
Soumis le : lundi 6 février 2017 - 08:45:41
Dernière modification le : jeudi 11 janvier 2018 - 06:19:34
Document(s) archivé(s) le : dimanche 7 mai 2017 - 12:33:14

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Patricia Fener, Claire Criton. Manifestations cliniques et biologiques de l'infection à VIH/sida chez la femme. [Rapport de recherche] INIST-V - 07-04, Institut de l'Information Scientifique et Technique (INIST-CNRS). 2007, 125 p., 371 références bibliographiques et web, illustrations. 〈hal-01456818〉

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