Dépistage du VIH/sida chez la femme à risque

Résumé : En France, près de 28 % des infections à VIH sont encore découvertes à unstade tardif. Ce retard de dépistage constitue une perte de chance à l’heure des traitementsantirétroviraux efficaces et peut contribuer à un accroissement du risque de transmission. Ilest donc particulièrement important de se faire dépister précocement après une situationd’exposition possible au VIH.Plusieurs séries de tests pourront être proposées en fonction du moment de laconsultation par rapport à la prise de risque. Une bonne connaissance de la cinétique desanticorps et de la structure du virus est indispensable à la compréhension et à l'interprétationde ces tests.Le diagnostic de l’infection à VIH est le plus souvent un diagnostic indirect,sérologique, par la mise en évidence d’anticorps par des méthodes immuno-enzymatiques.Mais contrairement à d’autres maladies virales, il faut savoir que ces anticorps n’apportentpas de protection contre la maladie car ils n’ont pas d’effet immunisant. La mise en place dela réponse immunitaire humorale, c'est-à-dire le temps pour le corps de fabriquer desanticorps dirigés contre le virus se fait environ vers le 21e jour, mais ce délai peut varier detrois semaines à trois mois. L’apparition de ces anticorps constitue la séroconversion etconditionne la positivité des tests sérologiques de dépistage. Cependant des tests directspeuvent déceler plus précocement la présence du virus en le recherchant soit sous sa formed’acide ribonucléique (ARN) en moyenne vers le 10e jour, soit sous sa forme de protéine de lacapside virale (antigène p24) un peu plus tardivement et de manière transitoire entre le 15e etle 26e jour.En France, le diagnostic sérologique d’infection par le VIH impose l’analyse de deuxprélèvements successifs pour un même patient, et la pratique simultanée de deux techniquesde dépistage pour chaque prélèvement. De plus, un test de confirmation doit être pratiqué surl’un des deux prélèvements lorsque les tests de dépistage sont positifs ou discordants. Ledéveloppement des techniques de biologie moléculaire ne permet pas, pour l'heure, deremplacer les techniques sérologiques qui restent partout dans le monde les techniques deréférence pour le dépistage et la confirmation des infections à VIH de l'adulte. Actuellement,la plupart des laboratoires en France utilisent deux tests combinant la détection d’anticorpsanti-VIH 1 et anti-VIH 2 et le dosage de l’antigène p24. La quantification de l’ARN viral estréservée aux cas de forte suspicion de primo-infection mais dans tous les cas, le diagnosticdéfinitif n’est établi que sur les résultats des techniques sérologiques.L’analyse des résultats de ces techniques permet au praticien de rendre un diagnosticextrêmement fiable, dans la mesure où les tests sont réalisés dans la période de tempsadéquate. Dans la majorité des cas les résultats des tests sont fiables à 1 mois. Mais, il n’estpas possible d’exclure une éventuelle infection tant que la fenêtre sérologique n’est pasfermée. Le diagnostic définitif de non-infection ne sera donc posé qu’en cas d’absenced’anticorps anti-VIH trois mois après l’exposition, nécessitant ainsi parfois un seconddépistage, si les tests au premier mois étaient négatifs. Dans tous les cas, la prescription nepeut être effectuée qu'après information et consentement du patient.Dans les pays en voie de développement, l’OMS recommande l’utilisation des testspar immunochromatographie ou agglutination dits « tests rapides », plus faciles à réaliser etinterprétables à l’œil nu mais de sensibilité inférieure à celle du test ELISA.Les virus, et en particulier le VIH, se retrouvent dans le sang et dans tous les liquidesbiologiques. L’exposition accidentelle à un liquide biologique est donc potentiellementcontaminant. Certaines professions à fort taux de féminisation sont plus particulièrementconcernées comme les médecins, les infirmières, le personnel de laboratoire. Mais latransmission du VIH doit être également envisagée devant les accidents de prévention commela rupture de préservatif, les rapports sans préservatif, le partage de seringues et bien sûr lesagressions sexuelles. La prise en charge de ces accidents d’exposition ou de prévention est maintenant considérée comme un problème de santé publique et réglementée par descirculaires établissant les modalités de prise en charge. Il existe un certain nombre demesures visant à diminuer la probabilité d’infection. Ces mesures comportent les premierssoins à réaliser, une évaluation du risque d’infection, la possibilité d’un traitement, et lasurveillance biologique de la personne exposée. La décision d’instaurer un traitementprophylactique antirétroviral prend en compte le type d’exposition (piqûre profonde ousuperficielle, viol, morsure, rapport anal ou vaginal…), la possibilité de joindre la personnedont le liquide biologique est source de contamination potentielle et la détermination de sonstatut VIH, le délai entre la prise de risque et la prise en charge. Le traitement consiste enune trithérapie dispensée au mieux dans les 4 heures, au pire dans les 48 heures. En cas deviol, elle doit être systématiquement proposée, sachant qu’il n’y a plus besoin duconsentement de l’agresseur pour pratiquer les tests sanguins rapides.
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[Rapport de recherche] INIST-V - 07-01, Institut de l'Information Scientifique et Technique (INIST-CNRS). 2007, Ce dossier fait partie d'un dossier "Femmes et sida" - 36 p., 38 références bibliographiques et webographiques, tableaux, graphique, carte, figure
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Soumis le : lundi 6 février 2017 - 08:45:24
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Claire Criton, Patricia Fener. Dépistage du VIH/sida chez la femme à risque. [Rapport de recherche] INIST-V - 07-01, Institut de l'Information Scientifique et Technique (INIST-CNRS). 2007, Ce dossier fait partie d'un dossier "Femmes et sida" - 36 p., 38 références bibliographiques et webographiques, tableaux, graphique, carte, figure. 〈hal-01456808〉

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